« Il faut s’accepter comme on est«
On dit souvent qu’il faut « s’accepter comme on est ». Facile à dire, beaucoup moins facile à vivre, quand on est entourées en permanence de publicités pour mincir, de silhouettes retouchées, de femmes toujours impeccables au réveil. On nous a vendu le maquillage permanent, les injections, l’épilation intégrale comme des évidences.
Cette pression, la plupart des femmes l’ont connue peu importe leur silhouette et leur âge.
Je le sais parce que je l’ai vécue !

Quand la minceur ne protège de rien
Jusqu’à mes 30 ans, j’ai été très maigre. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, ça ne m’a jamais donné le droit de me plaindre.
Puisque j’étais « dans les critères », mon mal-être n’avait pas sa place dans la conversation.
Pourtant, tous les extrêmes se ressemblent : ne pas s’alimenter correctement, ne jamais trouver de vêtements à sa taille parce que ça commence en XS, sentir les regards se poser sur mes bras trop fins.
Pendant des années, je ne suis pas sortie sans gilet, même en été, même sous 30°C. Pas par frilosité : par peur du regard des autres.
Le déclic à la piscine
Il y a un souvenir qui reste marquant. À la piscine, je regardais certaines femmes avec un jugement silencieux : comment osent-elles se mettre en maillot ainsi ?
Puis j’ai réalisé une chose simple : ces femmes passaient un bien meilleur moment que moi. Elles n’avaient rien à faire du regard des autres, pendant que moi, je m’épuisais à surveiller le mien.
Avec le temps, j’ai commencé à comprendre, ce qui est différent de savoir. Il y a une part de beauté dans chaque corps, chaque visage, chaque cicatrice. L’assurance qu’une femme dégage compte infiniment plus que deux kilos en trop ou en moins.


Ce que travailler dans le prêt-à-porter m’a appris
Pendant deux ans, j’ai travaillé dans le prêt-à-porter féminin.
J’y ai pris une vraie claque : le nombre de femmes qui se dévalorisaient en cabine d’essayage pour des hanches jugées trop marquées, une taille un peu haute, un ventre qui ressort (alors que c’est simplement sa forme naturelle).
C’est là que j’ai mesuré l’absurdité des pressions qu’on s’inflige.
Ce que j’ai mis en place, concrètement pour m’accepter
Je ne vais pas te vendre un programme miracle en 30 jours, ce serait te mentir et je ne le ferai pas. Ce que j’ai fait a pris du temps, plusieurs mois, mais pas des années :

Le miroir, chaque jour
Je me suis obligée à me regarder quelques minutes et à me complimenter sur une partie de mon corps ou de mon visage, jamais la même.
Au début c’était pénible. Puis c’est devenu normal.

Changer mon regard sur les pubs
Face à une publicité, je m’efforçais de ne pas fixer la silhouette ou ses bras (mon plus gros complexe : mes bras). Je m’obligeais à regarder un autre détail.
Le cerveau, à force, arrête de chercher la faille.

Arrêter le maquillage quotidien
Ça a été un cap difficile sortir même acheter du pain sans être « apprêtée ».
J’ai appris à me trouver belle sans artifice, sans avoir à me justifier.

Changer ma façon de m’habiller
Je suis passée de tenues extravagantes à des choses plus simples.
Des tenues qui mettaient en valeur ce que je voulais assumer dans ma silhouette.
Le pas que j’ai mis trop longtemps à franchir : Le suivi psychologique
Pendant longtemps, j’ai négligé l’idée d’un suivi psychologique. J’avais cette idée reçue, comme beaucoup : consulter, ce serait admettre une forme de faiblesse. Le jour où j’ai franchi le pas, ça a changé la donne.

Si un complexe prend trop de place dans ta tête, il faut se faire accompagner. Ce n’est pas un signe de faiblesse.
C’est un signe de courage : il en faut, pour admettre qu’on a un problème et décider de le prendre en main.
Les femmes ont pris l’habitude d’encaisser beaucoup: la pression sociale, le patriarcat et parfois même les mots de leur proche : « c’est comme ça, on n’y peut rien. » Il est temps d’arrêter de reproduire les mauvaises habitudes et de ne garder que les bonnes.
Ce que ça change, au fond
Rester focalisée sur des kilos à perdre, sur des hanches, une poitrine, des lèvres qu’on a ou qu’on n’a pas : ça n’apporte rien d’autre que de la complexité.
Le mot est juste, ça complexifie tout, dans la vie comme dans la tête et ça détourne de ce qu’il y a de bon à vivre. C’est un poids de plus à porter, pour rentrer dans un standard qu’on a vu à la télé, chez une célébrité, il y a 15 ans.
C’est en s’acceptant qu’on peut poser ses limites aux autres et à soi-même. Et on ne grandit pas que jusqu’à l’adolescence : on grandit jusqu’à la fin de sa vie.

Précision importante : l’obésité morbide et l’anorexie sont des maladies, pas des questions d’acceptation de soi. Si tu te reconnais dans ces situations, il est essentiel d’en parler et de te faire accompagner.
Ce qu’en disent les pros
Sur la thérapie d’exposition au miroir
- Nos Pensées — Thérapie d’exposition au miroir : en quoi consiste-t-elle ?
- Body-Psyche — Analyse d’article : exposition aux miroirs pour les troubles des conduites alimentaires, une étude pilote randomisée
Sur le lien image corporelle / estime de soi
Sur la consultation psychologique et la stigmatisation

Laisser un commentaire